Les CEC lieux de partage

LES CEC, LIEUX DE PARTAGE DE L’EXPERIENCE ARTISTIQUE.

Les Centres d’Expression et de Créativité (CEC) sont des ateliers associatifs, où les participants – et les artistes-animateurs qui les accompagnent – construisent et réalisent des projets artistiques en relation avec leur milieu de vie, leur environnement. Sur les chemins de la création artistique et selon leurs moyens et leurs goûts, ils puisent dans toutes les disciplines artistiques y compris les plus actuelles.

Les CEC sont donc des acteurs de première ligne de la vie culturelle, proposant à des personnes de toutes conditions un lieu pour partager une démarche artistique, parfois débutante, pour s’approprier leur rôle social et dépasser la consommation culturelle.

15_amina+ados

Les Centres d’Expression et de Créativité (CEC) sont donc des lieux de partage et de redécouverte des 36 chemins possibles pour créer. Les Centres d’Expression et de Créativité (CEC) subventionnés par la Communauté française, souvent connus par leurs ateliers ou leurs cours artistiques, permettent bien autre chose que l’apprentissage du bon geste technique : le CEC devient un lieu où chacun trouve – au travers d’une approche artistique – des moyens, des occasions de devenir toujours plus l’artisan de son évolution, de ses choix, de sa culture.

Pour ce faire, le CEC met au service des participants :

• des personnes ressources, des artistes et leurs techniques d’expression
• des méthodes de travail (projet, travail en groupe) débouchant sur une production.

L’artiste animateur aura la responsabilité de mettre en œuvre

• le partage, l’échange
• des savoir-faire artistiques
• de la découverte de l’œuvre d’art et des artistes d’hier et d’aujourd’hui, de leurs démarches
• des regards que ceux-ci posent sur les hommes, leur environnement, le monde ;
• les projets, et toutes ses étapes, du rêve et de la vision idéale qu’à chacun ou chaque groupe de son devenir jusqu’ à la gestion au jour le jour des outils d’expression, en passant par le choix de thèmes de travail conduisant à une production ;
• la production, face visible et indispensable de l’aboutissement du projet, témoignage du partage et de l’échange tout au long du processus, en même temps qu’échange avec les publics.

Dans un CEC, il n’ y a pas d’un côté, les gens qui « ont la culture » et en connaissent le mode d’emploi, et, de l’autre côté, des gens qui reçoivent la becquée.

Dans les CEC, c’est différent : il y a des gens qui travaillent ensemble, qui partagent et redécouvrent une manière de se parler en prenant le temps de créer un langage commun (non pas une marche à suivre pour l’art).

Le but n’est pas « d’accéder à la culture » mais de devenir acteur de sa culture, et de trouver une plus grande autonomie, un peu plus de liberté. Chacun, le plus favorisé comme celui qui l’est moins, peut redevenir cet acteur de sa vie culturelle.

Chacun a un chemin à faire pour retrouver une capacité d’invention et de création. La création artistique commence par la création de son propre chemin de découverte. Mais, à un moment ou à un autre, parfois au début, parfois quand on est déjà engagé sur le chemin de la création, il y a un choix que chacun doit faire : être un consommateur de culture ou en être acteur.

Il y a quelques étapes sur ce chemin, qui sont autant de passages (que l’on décide de faire ou auquel on renonce) :

• d’abord, il faut trouver le chemin de l’atelier ;
• ensuite, il y a le passage par l’expression et chacun redécouvre
• pour les uns, ça va vite et pour d’autres, ça prend plus de temps ;
• pour les uns, c’est un choix parmi toutes les propositions auxquelles il a accès par la communication ;
• pour d’autres, cela passe par un contact plus personnel et le temps que cela suppose ;
• mais dans tous les cas, il y a un choix à faire ;
• l’expression, et tout ce qui cherche à « sortir » ;
• qu’il a quelque chose à dire, du rêve à la colère, du rire à la question ;
• qu’il a une voix, un corps, des gestes, des mimiques, des mots pour le faire entendre,
pour le faire voir ;
• qu’on ne parvient pas à dire tout ce que l’on voudrait ou que l’on dit autre chose que ce que l’on croyait dire ;
• que les autres n’entendent pas (pas toujours ou pas vraiment), ne voient pas ce que l’on a à dire, à montrer ;
• que d’autres, dans le groupe, ont aussi quelque chose à dire ;
• après, il y a la découverte de ce que des artistes ont créé,
• et qu’on peut le dire ensemble ; et déjà, cette seconde étape ouvre les participants à des inventions, ensemble ou séparément ;
• ce qu’ils cherchaient et ce qu’ils ont inventé,
• comment ils y ont travaillé; quelles techniques, quel langage, quels gestes ils ont utilisés
• comment leurs amis, leurs voisins, leurs spectateurs l’ont accepté ou refusé
• comment par la suite ils ont été mieux acceptés ou bien oubliés;
• comment étaient appréciés leurs travaux;
• enfin, certains jours, certaines nuits, chacun peut redécouvrir sa capacité à créer, à inventer;
• après, il y a encore une étape : regarder ce que j’ai créé, ce que d’autres ont créé et voir ensemble si « ça colle » avec l’intention de départ, ce que ça apporte aux autres;

C’est le chemin que les artistes -animateurs de CEC et les participants sont invités à partager, quel que soit leur bagage culturel. Car aucun bagage culturel ne dispense les participants de refaire ce chemin et d’en réinventer les étapes. Du moins pour ceux qui sont en train de devenir des acteurs de la vie culturelle.

En même temps, chacun a son histoire, ses rêves, son besoin de beauté: chacun a son « bagage culturel », qui lui sert à faire le chemin de la création.

Dans ce bagage, il y a des choses très personnelles et d’autres qui nous sont déjà communes ; les gens favorisés utilisent plus facilement cette part commune ; mais la part personnelle du bagage, chacun peut la redécouvrir (même s’il a perdu la clef de la valise et tant pis s’il faut la forcer).

Ce qui est demandé aux animateurs n’est donc pas de transmettre leur savoir-faire mais

• d’accompagner les participants,
• de les ouvrir à des langages,
• de montrer que cela que j’ai à dire, d’autres ont déjà essayé de le dire à leur manière.

Ce chemin-là, les animateurs en ont déjà fait une partie et ils continuent à le faire: c’est ce qu’ils partagent avec les participants.
Un atelier qui fonctionne bien, c’est celui où l’animateur apprend autant qu’il donne, comme peut le faire chaque participant.
C’est cela une culture solidaire: une culture partagée sur un chemin réinventé ensemble, une manière, pour les animateurs, de travailler avec les participants, plutôt que de travailler pour les participants.
La culture solidaire, c’est aussi de redécouvrir les travaux des artistes reconnus comme un travail plutôt que comme un moment d’inspiration sublime, qu’il faudrait imiter. Précisément, refaire le chemin de la création, c’est renoncer au sublime et à sa reproduction.

Mais c’est aussi redécouvrir tout le chemin de celui qui a produit quelque chose de très fort. Voir « L’Avare » de MOLIERE ou « En attendant Godot » de Samuel BECKETT, ce n’est pas s’asseoir dans un fauteuil du théâtre; c’est entrer dans une histoire: que nous dit l’auteur et comment le dit-il ?

Et là, nous avons tous à apprendre ensemble.